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Mitsubishi relance sa stratégie mondiale

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Longtemps resté discret sur la scène automobile internationale, Mitsubishi Motors sort de l’ombre avec une stratégie mondiale ambitieuse. Après des années de recentrage sur les marchés asiatiques et une intégration poussée au sein de l’alliance Renault-Nissan, le constructeur japonais dévoile les contours d’un plan de reconquête qui mise sur l’électrification, les pick-ups et un retour assumé en Europe. Le ninja silencieux reprend la parole.

Un nouveau plan stratégique : « Challenge 2026 »

Tout commence par un document interne devenu public : le plan « Challenge 2026 » . Ce schéma directeur, révélé par des sources proches de l’entreprise, fixe les objectifs de Mitsubishi pour les trois prochaines années. L’ambition affichée est simple mais radicale : doubler les ventes mondiales de véhicules électrifiés, porter la part de l’électrique dans son mix produit à 40 % d’ici 2028, et retrouver une rentabilité durable après des années de restructuration.

Pour y parvenir, Mitsubishi s’appuie sur trois piliers. D’abord, une offensive produits avec six nouveaux modèles électrifiés d’ici 2027. Ensuite, une simplification industrielle en mutualisant les plateformes avec Nissan et Renault. Enfin, une expansion géographique ciblée, avec un retour prioritaire en Europe et une consolidation en Asie du Sud-Est, son fief historique.

Le retour en Europe : l’électrification comme cheval de Troie

L’annonce la plus frappante concerne l’Europe. Mitsubishi avait quasiment déserté le Vieux Continent après avoir cessé la commercialisation de nouveaux modèles en 2020. Mais la donne change. Le constructeur prévoit un retour programmé pour 2026, avec une gamme entièrement électrifiée.

Le fer de lance de cette reconquête sera un SUV compact 100 % électrique, développé sur la base de la plateforme CMF-EV de l’alliance, celle qui équipe déjà la Nissan Ariya et la Renault Mégane E-Tech. Ce modèle, dont le nom n’a pas encore été officialisé, visera le segment des SUV électriques compacts, l’un des plus dynamiques du marché européen.

Takao Kato, le président de Mitsubishi Motors, a récemment confirmé cette orientation : « L’Europe est un marché stratégique pour l’électrification. Nous y reviendrons avec des véhicules adaptés aux attentes des clients européens en matière de performance environnementale et de technologie ». Un revirement qui traduit la confiance retrouvée du constructeur. Pour tout savoir sur ce sujet, suivez ce lien.

Le pick-up Triton : pilier mondial de la gamme

Si l’électrification est au cœur de la stratégie, Mitsubishi n’oublie pas ses fondamentaux. Le Triton, pick-up emblématique de la marque, reste un pilier incontournable. La sixième génération, dévoilée en 2024, est désormais déployée sur les principaux marchés mondiaux, de l’Asie du Sud-Est à l’Amérique latine.

Le Triton bénéficie d’une plateforme Ladder Frame renforcée et d’une gamme de motorisations diesel optimisées. Mais l’évolution majeure à venir est l’arrivée d’une version hybride rechargeable à l’horizon 2027. Une première sur ce segment, qui permettrait à Mitsubishi de se différencier face aux Ford Ranger et Toyota Hilux. La marque mise sur son héritage en matière d’hybrides rechargeables — elle fut l’une des pionnières avec l’Outlander PHEV — pour faire du Triton un pick-up à la fois robuste et sobre.

L’alliance Renault-Nissan : un levier décisif

La renaissance de Mitsubishi ne serait pas possible sans l’intégration poussée au sein de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Après des années de turbulences, la nouvelle feuille de route de l’alliance, officialisée en 2023, donne à Mitsubishi un rôle clair : leader sur les marchés d’Asie du Sud-Est et expert des hybrides rechargeables.

Concrètement, cette coopération se traduit par un partage massif des plateformes. Le futur SUV électrique destiné à l’Europe utilisera la plateforme CMF-EV. Les prochains modèles thermiques et hybrides du constructeur reposeront sur la plateforme CMF-CD, commune aux Nissan Qashqai et Renault Austral. Cette mutualisation permet à Mitsubishi de réduire ses coûts de développement de 30 % et d’accélérer ses lancements.

En échange, Mitsubishi apporte à l’alliance son expertise sur les marchés asiatiques et sa maîtrise des technologies hybrides rechargeables, un segment où l’Outlander PHEV reste une référence mondiale.

Les défis à relever : production et image

Malgré ces avancées, le chemin vers la reconquête reste semé d’embûches. Le premier défi est industriel. L’usine d’Okazaki, au Japon, qui produit l’essentiel des modèles électrifiés, tourne actuellement à pleine capacité. Mitsubishi devra investir dans de nouvelles lignes d’assemblage, notamment en Thaïlande, pour répondre à la demande.

Le deuxième défi est d’image. En Europe, Mitsubishi est resté trop longtemps absent. La marque souffre d’un déficit de notoriété face à des concurrents comme Hyundai, Kia ou les constructeurs européens. Pour y remédier, un plan marketing d’envergure est prévu, avec une campagne de lancement articulée autour des valeurs de robustesse et de technologie propre.

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